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Twitter : @Rcoutouly

Il faut demander plus à l'impôt

et moins aux contribuables

 

Alphonse Allais

 

Outil fiscal

Les contributions incitatives sont des micro-taxes payées sur les activités polluantes. L'argent récolté permet aux plus démunies d'investir dans les transitions écologiques et énergétiques. 

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Un résumé de la pensée de l'auteur sur la crise écologique 
21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 18:35
Un ouvrage de Corinne Lepage : Vivre autrement





Je viens de lire le dernier ouvrage de Corinne Lepage, un essai intitulé "vivre autrement". 

Le personnage mérite le respect, elle est une des personnalités politiques françaises écologiques les plus connues. Elle a été ministre de l'environnement, elle a mené des combats militants comme avocate, cela prouve son intégrité, son engagement et ses compétences.

Le livre est une belle synthèse des valeurs et des projets écologiques,  avec une introduction brillante et quelques faiblesses, en particulier sur la crise économique récente où son analyse vieillit assez mal.

 Il était donc intéressant de voir sa position sur la fiscalité environnementale, de voir comment elle l'intégrait dans sa "société de transition".

Or là, surprise, pendant 159 pages sur 162, la fiscalité est totalement absente!!

 

 Elle imagine à la fin le système suivant  (page 160) "l'impôt sur le revenu a  été totalement abandonné au bénéfice d'une taxe sur les ressources acquittée lors du prélèvement dans la biosphère : la taxe est intégrée dans le prix, ce qui conduit donc à une économie sobre. Pour compenser le coût supporté par les plus modestes, les recettes tirées de ce prélèvement sont affectées largement à des allocations sociales et au financement des services publics d'accès gratuit."

Et plus loin, "la taxe carbone a limité les déplacements en voiture mais aussi suscité une vague d'investissements massifs dans les transports publics et les technologies utilisées par des véhicules fonctionnant à l'énergie renouvelable....".

 

Quelques enseignements à tirer de cette analyse : comme beaucoup d'écologistes d'inspiration libérale, Corinne Lepage n' a pas fait de la fiscalité environnementale son cheval de bataille. Elle a plutôt défendu jusqu'ici le principe du pollueur payeur, (qui lui doit d'ailleurs beaucoup) et les marchés d'émissions et d'échanges pour les industriels.

Elle s'intéresse donc tardivement à la fiscalité environnementale et dans une logique qui reste, à mon avis, à la fois idéologique et positiviste.  Idéologique d'abord, parce qu'elle pense que l'impôt sur le revenu est un outil dépassé dans une logique libérale qui s'affirme. Positiviste ensuite, parce que "naturellement" dépassée, la fiscalité environnementale va la remplacer. 

C'est aller un peu vite en besogne : d'abord, parce que l'impôt sur le revenu n'a peut-être pas que des défauts et l'enterrer de manière précipité, c'est oublier toute la cohérence du projet de solidarité nationale qui prouve, aujourd'hui,  son utilité en temps de crise.

Ensuite, parce que la fiscalité environnementale est un outil nouveau, qui mérite qu'on le bâtisse de manière pertinente. Or, ce qui est pertinent pour cette jeune fiscalité, c'est des démarches innovantes qui permettent d'investir dans les chantiers urgents de demain : transports, bâtiments, etc...

 

Sur le site du mouvement démocrate, Corinne Lepage s'exprime enfin sur la taxe carbone en affirmant qu'elle peut être un accélérateur de sortie de crise, car elle va permettre de relancer l'activité économique. Elle ne dit hélas pas comment, et c'est bien là le problème.

Enfin, elle est pour la redistribution de cette taxe auprès des plus démunis pour "changer de chauffage, changer de voiture", comme si un bénéficiaire du RMI allait faire ce type de choix de manière évidente.

 

Bref, Corinne, ton bouquin est super mais, encore un effort, tu peux mieux faire pour approfondir ta réflexion sur la fiscalité écologique !

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