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Il faut demander plus à l'impôt

et moins aux contribuables

 

Alphonse Allais

 

Outil fiscal

Les contributions incitatives sont des micro-taxes payées sur les activités polluantes. L'argent récolté permet aux plus démunies d'investir dans les transitions écologiques et énergétiques. 

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Un résumé de la pensée de l'auteur sur la crise écologique 
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 06:54

capteur-solaire.jpg

 

Pour la majorité des personnes convaincues par la lutte contre le changement climatique, la rénovation thermique des bâtiments anciens est une priorité absolue. Le président de la République, François Hollande, va dans le même sens: en septembre dernier, il annonçait l'objectif de mettre aux normes énergétiques un million de logements par an.

Mais cet objectif est-il réaliste, est-il réalisable, est-il souhaitable?

On sait déjà que les sommes nécessaires à la réalisation de ce plan sont considérables. Les financements nécessaires n'ont pas été trouvés.

Dans un excellent article, Jean Bruguier démontre les difficultés que nous allons rencontrer pour amortir les lourds investissements nécessaires à la réussite de ces rénovations. Les économies d'énergie auront bien du mal à amortir le coût des rénovations. Il faudra des décennies pour que  ces opérations soient rentables, encore davantage si l'on doit emprunter et rembourser un prêt à l'aide de ces économies.

Cette analyse rend encore plus nécessaire la création d'une fiscalité environnementale qui, progressivement, augmente le prix de l'énergie et dont les recettes sont intégralement utilisées pour financer ces investissements.

 

Dans le sud de la France, où les chauffages sont déclenchés plus tardivement et arrêtés plus tôt, la rentabilité d'une rénovation thermique semble encore plus discutable. Plutôt que de chercher à augmenter fortement l'isolation thermique des logements, n'y aurait-il pas autre chose à faire?

Prenons deux exemples précis pour comprendre.

1-Une vieille maison: une maison des années 30, complètement rénovée à la fin des années 90. Elle a été correctement isolée selon les standards de l'époque. Elle est équipée d'un chauffage central à gaz, avec radiateurs dans toute la maison. Il n'y a pas d'isolation au sol.

La rénovation thermique ne pourra être que partielle ou ... très coûteuse. Une isolation complémentaire du toit où des murs ne règlera pas les remontées du froid par le sol. L'installation d'une isolation du sol réclame un énorme et coûteux chantier qui ne sera jamais amorti.

Il semble préférable alors de travailler à la diminution de la consommation de gaz et de laisser l'isolation en l'état.

Plusieurs pistes sont envisagées:

-changer la chaudière pour une centrale plus économique (à condensation par exemple).

-installer un petit poêle à bois en complément, au centre de la maison, poêle à granulé, équipé d'un thermostat qui sera coordonné pour intervenir avant la chaudière à gaz, qui sera conservé

2-Une école des années 60: Elle est équipée d'une chaudière à gaz. L'architecte a eu l'intelligence de tourner les classes vers le sud: elles sont donc chauffées en partie par le soleil dans la journée. Au nord, on y trouve le couloir qui sert donc de sas thermique. 

Il n'y a aucune isolation : la facture de gaz ruine l'école. La seule solution semble donc être de tout détruire et de tout reconstruire pour un coût considérable pour une école bien conçue et où il fait bon vivre.

Mais à part une isolation du mur nord par l'extérieur, aucune solution thermique n'est satisfaisante.

 

Pour ces deux exemples et pour le contexte particulier d'une courte saison d'hiver en Provence, proposons une autre solution : le complément par capteurs solaires thermiques.

De quoi s'agit-il? On propose de rajouter à un vieux bâtiment utilisant le chauffage central, une installation thermique solaire sur le toit.

Rappelons qu'une centrale thermique solaire a un coût modique : pour quelques milliers d'euros, on achète et on installe 2 mètres carrés de panneaux. Une installation qui permet, par temps ensoleillé, d'élever en une heure l'eau d'un ballon de 200 litres à une température de 80°C.

A partir de cette installation, deux possibilités sont offertes:

-faire serpenter cette eau chaude à l'intérieur d'un circuit particulier, l'amenant dans les parties centrales du bâtiment où il va réchauffer des briques  ayant une forte inertie thermique. Le chauffage central traditionnel restera en l'état et en complément. La consommation de gaz sera fortement diminuée. On n'investit pas dans le chauffage actuel qui reste en l'état mais on rajoute un deuxième apport thermique.

-changer la chaudière pour une centrale plus complexe et plus chère à cogénération qui utilisera alternativement le gaz ou l'eau chaude des capteurs pour chauffer le bâtiment. L'avantage de cette solution sera de ne pas rajouter de circuit et d'utiliser le circuit déjà existant

Pendant les périodes où le chauffage n'est pas nécessaire, la chaleur produite est utilisé par un moteur sterling pour fabriquer de l'électricité qui est revendue. Le thermostat du système permet de choisir d'envoyer l'eau chaude dans le circuit ou de l'utiliser pour produire de l'électricité.

Les centrales à cogénération sont encore très chères. Quand leur prix baissera de manière significative, le chauffe-eau solaire trouvera sa rentabilité dans une approche globale de l'énergie. Le moteur sterling permettra de faciliter cette rentabilité en vendant l'électricité pendant les périodes où le chauffage n'est pas utilisé. 

Bien entendu, cette démarche sera particulièrement cohérente dans le sud de l'Europe, là où l'ensoleillement est maximal et où les hivers sont moins rudes.

 

Conclusion: en Provence et dans le sud de l'Europe, la rénovation thermique des bâtiments n'est pas toujours la bonne solution. Il semble préférable d'utiliser l'ensoleillement exceptionnel de ces régions pour rénover les circuits de chauffage existants.

 

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commentaires

E
J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement
Répondre
M
Aujourd'hui, les consultants achats de First Buyer ont déjà traité l'achat de bâtiment, pour autant de finalités industrielles que tertiaires. Les consultants achats savent gérer tous les contrats
de prestations liés aux déménagements (agence de déménagement, réception d'immeuble...)
Répondre
J
L'approche de l'amélioration de l'efficacité énergétique par le seul angle de vue de la rentabilité financière ne peut être correcte et correspond parfaitement à la vision de l'ancien monde. Au
delà du pur calcul de rentabilisation financière basée sur les données disponibles actuellement (ne prenant pas en compte une augmentation forte du tarif des énergies, une forte baisse du tarif des
matériaux&techniques d'isolation grâce à l'innovation..), il s'agit d'une "bête" question de bon sens et d'observation de la nature - vous pouvez observer que dans des environnements
climatiques durs (par exemple dans le haut Jura), on évite le gaspillage/déperdition d'énergie et chaleur car lorsque l'énergie se fait rare ou absente temporairement.... seule une isolation
optimale permet de passer l'évènement climatique ou la rupture temporaire d'alimentation. La vision purement financière de ce sujet ne peut pas être le seul angle d'analyse - c'est un des travers
de nos sociétés dites avancées.Nous devons appréhender la notion de Résilience sur ce sujet là et par exemple tirer les leçons des évènements climatiques récents.
Répondre
R


Je n'aborde pas le sujet de l'efficacité énergétique par "le seul angle de vue de la rentabilité financière".


Si c'était le cas, vous ne trouverez pas mon article sur un blog cherchant des réponses globales à la crise écologique mais il serait en ligne sur un site de rentabilité financière !


Cependant, si on veut réussir la transition et, pour cela, convaincre une majorité de nos contemporains, il faut bien en tenir compte. L'argent reste le nerf de la guerre!


 


Quant à l'isolation, elle est importante bien sûr. Mais pour avoir vécu longtemps dans les vosges et en haute-savoie, je sais qu'elle est essentielle dans ces régions. 


Vivant maintenant en Provence, je peux mesurer la différence, le climat n'a rien à voir et l'isolation n'a plus autant d'importance. Une maison passive à Marseille au bord de mer, cela n'a guère
de sens !


Comme le dit jean-Michel Pupille dans un de ces commentaires sur cet article, chaque situation est singulière mais une rénovation coûtera moins cher au sud qu'au nord.



P
A ma connaissance, il n'existe qu'une seule RT2012 et elle est applicable pour toute nouvelle construction à compte de janvier 2013. Les constructeurs de maison individuelles, certains fabricants
de "grilles pains" et producteurs d'énergie ont essayé de réduire les obligations de résultat qu'elle impose sans y parvenir.

De nouveaux labels HPE et THPE sont en cours de définition. Les mêmes essaient de réduire les obligations pour bénéficier des aides aujourd'hui allouées au BBC sans ne pratiquement rien faire de
plus que la réglementation. Il faudra encore attendre quelques jours pour connaître les règles à appliquer.

Pour l'instant, il n'existe pas d'obligation de rénovation du parc existant, mais on en parle de plus en plus. Il arrivera un jour au ce sera obligatoire mais quand ??? Les règles s'appliquent au
travaux importants réalisés volontairement par les propriétaires.

Pour savoir si améliorer les performances thermiques vaut le coup ou non calculez le prix de l'énergie dépensée pendant 50 ans dans une maison non isolée. Vous vous apercevrez que le prix de
l'énergie que vous avez dépensé est supérieur à la valeur de la construction!!! Pour en avoir une idée plus précise vous pouvez lire l'article
[url]http://www.passivact.com/Infos/InfosConcepts/files/InvestirPlusPourGagnerPlus.html[/URL] qui explique l'intérêt des maisons passives par rapport à une construction RT2005
Répondre
R


Une obligation de rénovation dans le parc existant? Etant donné les budgets nécessaires, cette mesure mettrait de nombreux ménages sur la paille.


Comment d'ailleurs l'appliquer? Par la saisie des biens des intéressés? Cette perspective me semble bien irréaliste!


Je suis parfaitement d'accord avec vous sur l'idée qu'il faut intégrer l'idée de l'augmentation des prix de l'énergie, mais celle-ci étant difficilement quantifiable avec précision, il est
impossible de calculer l'amortissement d'une rénovation thermique.


Ce qui est sûr, c'est qu'elle est rentable dans le cas d'une maison non isolé. 


Cela se complique quand il s'agit d'un logement déjà en partie isolé, faut-il aller jusqu'au passif?


Cela se complique encore dans le sud de la France.


C'est le sujet de mon article : à partir d'un certain seuil, il devient plus intéressant de travailler sur les sources d'énergies que sur l'isolation.



J
J'ai cru comprendre que les premiers objectifs de la RT2012 ont déjà été disont un peu amoindri en décidant de deux RT2012, l'une moins contraignante que l'autre, et ce à cause des professionnels
qui ne seraient pas vraiment en mesure d'assumer la charge de travail et d'investissements nécessaire à une complète application de cette règle, est-ce que j'ai bien compris ?
D'autre part là encore si j'ai bien tout compris il me semble que seuls les logements neufs qui seront construit devront répondre à cette norme, elle ne s'appliquerait pas au moins dans un premiers
temps à la rénovation, et pas avant longtemps si je ne m'abuse.
Les financements seront extrêmement difficiles à trouver, qui pourra les assumer ?
Répondre
R


Daniel,


 


vous avez parfaitement raison avec votre dernière question: c'est un enjeu central qui renvoie aux questionnements autour de la crise de manière générale et de la fiscalité de manière plus
précise!