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Twitter : @Rcoutouly

Il faut demander plus à l'impôt

et moins aux contribuables

 

Alphonse Allais

 

Outil fiscal

Les contributions incitatives sont des micro-taxes payées sur les activités polluantes. L'argent récolté permet aux plus démunies d'investir dans les transitions écologiques et énergétiques. 

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Un résumé de la pensée de l'auteur sur la crise écologique 
5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 21:50

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Jean  Sireyjol , infatiguable animateur bordelais de TACA, a écris un commentaire à mon article intitulé  redistribuer la taxe carbone, une bonne idée?, voici ma réponse en bleue: 

Excuse moi, mais c'est idiot de dire que redistribuer l'argent c'est pour acheter les gens.


 

Ce n'est pas exactement ce que j'ai voulu dire. J'ai écris : "cela me semble une mesure démagogique: on va caresser l'électeur dans le sens du poil."  

Je suis parfaitement conscient que cette intention n'était pas celles des promoteurs de la taxe carbone, mais elle a été perçu et utilisé de cette manière par certains politiques.

Pour nous inciter à moins polluer avec le CO2, il faut mettre un prix sur le CO2 (on peut rapidement comprendre cette absolue nécessité sur laquelle toutes les personnes serieuses s'accordent, des écolos jusqu'aux patrons de Shell et Exxon).

 


Mettre un prix au carbone, c'est une évidence qu'il faut le faire!  Et je ne conteste pas la nécessité d'une taxation carbone ! La preuve, c'est que j'écris depuis trois ans, pour défendre la nécessité d'une fiscalité écologique !  A ma connaissance, personne, sur le net, en français, n'a autant écrit sur la question! Etant donné que je fais cela de manière bénévole, par conviction militante, je pense qu'il est difficile de me reprocher de ne pas appartenir à ces "personnes sérieuses" dont tu parles!

Cependant, cette notion de "personnes sérieuses" m'interpelle. Elle me fait penser à la réaction de JM Jancovici, qui, après le recul du gouvernement sur la taxe carbone, a écris quelque chose comme "les cancres ont gagné".

Alors, oui, c'est vrai, sur le net depuis  deux ans, on a vu un florilège de réactions nulles du style "encore une taxe de plus". Mais cette avalanche de réactions idiotes ne doit pas nous laisser nous enfermer dans la posture : nous, avec notre taxe carbone, nous avons raison, et les autres sont des idiots qui ont tort. 

La taxation du carbone est une bonne chose, mais la méthode choisie n'est pas forcément la bonne. C'est ce que j'interroge depuis trois ans : trouver des modalités fiscales à la fois possible techniquement, facile à mettre en oeuvre, acceptable pour l'opinion, et permettant des changements de modes de vie et le démarrage de l'économie verte. Il est clair que la taxe carbone, en l'état, ne répond pas aux deux derniers critères.

 
Ensuite, il n'y a aucune raison que les personnes les plus modestes soient un peu plus 'coulées' par ce cout supplémentaire, alors qu'elles memes émettent peu de CO2. D'où le principe de redistribution, pour que ce surcout soit au moins compensé pour les personnes modestes.

Avoir une préoccupation sociale ne veut pas dire que la redistribution du chèque vert soit la seule et la bonne solution sociale au problème. On peut envisager d'autres pistes


Je te conseille de lire notre proposition de Contribution climat universelle (sur le site de taca). c'est l'application, avec les chiffres officiels de l'Agence Internationale de l'Energie, du principe chacun paie pour la pollution CO2 qu'il émet et chacun reçoit la meme part.
C'est un principe de justice élémentaire et les chiffres montrent qu'une telle mesure aurait un impact économique à la mesure du problème qu'on doit résoudre.

Je ne crois pas à la contribution climat universelle. Je m'en suis expliqué dans un article après avoir longuement cité ton texte. Si la taxe carbone est une chimère, alors l'universalité d'une contribution?  D'une manière générale, je ne crois pas aux grandes décisions politiques censés tout résoudre. C'est une vision très française, colbertiste de la politique, la décision vient d'en-haut, de la "République" et s'applique à tous. La taxe carbone relève de cette philosophie politique, illusoire à mon avis.

Je fais, moi, confiance aux acteurs de terrain, aux micros-décisions concrètes, à la liberté (encadrée) qui donne pouvoir à chacun de s'emparer de ses préoccupations et d'avancer. Les politiques publiques doivent encadrer, mettre en place les régles du jeu, et ne pas imposer de manière unilatérale une décision qui s'impose et déresponsabilise le citoyen. 

Je ne crois pas non plus en une taxation unique, censé résoudre tous les problèmes. Mon expérience personnelle de l'action publique m'amène à croire aux actions ciblées dans un champ précis.

Cette philosophie politique, je la met en application dans le système des contributions incitatives, qui me semble plus efficace et réaliste que la taxe carbone. Je ne sais pas si j'ai raison, mais je pense que, si on veut avancer, si on croit à la nécessité de l'action, alors il faut interroger la pertinence du modèle de la taxe carbone, le critiquer pour proposer autre chose de plus aboutie, ou plus, plus simplement, l'améliorer.

 Jean, au plaisir de te lire

Rodrigue

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commentaires

J
<br /> Rodrigue,<br /> J'apprécie le ton modéré de tes commentaires qui traduit une recherche sincère de solution en face d'un problème gigantesque.<br /> Tu as aussi raison de me prévenir que ce n'est pas en traitant les opposants à la taxe de cancre qu'on va les convaincre.<br /> Il y a certainement encore beaucoup à trouver sur la façon de communiquer et sur la prise en compte des ressorts psychologiques des individus formant une société qui va devoir changer profondément<br /> si elle veut éviter le désastre annoncé.<br /> Ceci dit, je préfère pour taca en rester sur des principes simples, à expliquer le mieux possible:<br /> 1)on ne pourra pas diviser par 4 nos émissions de ges sans mettre un prix sur le carbone.<br /> 2)la façon la + simple et la + efficace c'est un système de taxe carbone.<br /> 3)pour ne pas réserver le carbone aux riches, pour assurer à chacun un quota de base identique, par principe de justice, et pour rendre cette mesure acceptable pour les plus pauvres, tout l'argent<br /> collecté appartient à la collectivité humaine et le principe de base c'est 1 homme, 1 part (la meme).<br /> Voilà, c'est tout. L'application chiffrée avec les données de l'IAE et la proposition Rocard, c'est pour montrer qu'avec 8 centimes € par litre d'essence, on changerait profondément les données<br /> économiques d'action contre le réchauffement climatique.<br /> Le fric, c'est bien ce qui a coincé à Copenhague, au delà des bonnes intentions 'pas plus de 2°C', wishfull thinking?<br /> <br /> <br />
Répondre
R
<br /> <br /> Nous sommes bien d'accord, Jean, la recherche de solutions réclame un véritable dialogue intelligent pour trouver des solutions.<br /> <br /> <br /> Tu as raison sans doute de rester sur les principes de TACA, mais je persiste : la solution de la redistribution invariante n'est pas la solution. je ne pense pas qu'elle changerait quelque chose<br /> du point de vue économique, dans un premier temps. Car la majorité des personnes subirait l'augmentation sans pouvoir changer de mode de vie. Nous devons sortir de la voiture à essence comme mode<br /> de mobilité, du gaz et du fioul pour se chauffer, mais la taxe carbone ne permettrait pas de changer cela car la majorité des citoyens, n'ont pas d'autres choix. Il faut leur donner les moyens de<br /> changer, c'est pourquoi l'argent des contributions doit être utilisé pour investir dans d'autres mobilités, d'autres modes de production énergétique, d'autre démarches économiques.<br /> <br /> <br /> <br />