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Il faut demander plus à l'impôt

et moins aux contribuables

 

Alphonse Allais

 

Outil fiscal

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Un résumé de la pensée de l'auteur sur la crise écologique 
20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 07:03

eolienne-copie-1.jpg

Le numéro de Télérama du 13 février contient un
excellent article sur la "France moche". Comment notre pays s'est couvert, à partir de la fin des années soixante, de zones commerciales, de lotissements et d'échangeurs, à la vitesse de 50000 hectares par an?   Inspiré du livre de David Mangin (la France franchisée, formes et structures de la ville contemporaine, éd. de la Villette, 2004) l'article décrit un mal très français, une spécificité de notre pays, la ville dévorant la campagne. Si, en parcourant l'Europe, nous retrouvons parfois ces zones commerciales, rien de comparable à nos entrées de ville moches, nos alignements de cubes en tôle ondulée, nos enfilades de pancartes et d'enseignes. Un exemple : la moitié des "ronds-points" du monde entier se trouve en France!


Il est donc tentant de rapprocher cette France moche, une spécificité bien de chez nous, d'une autre particularité hexagonale : la détestation des éoliennes. Alors que le reste de l'Europe est en marche à grande vitesse pour atteindre (ou dépasser pour l'Espagne par exemple) les 10% de production électrique d'origine éolienne, nous résistons.  

Régles d'urbanisme de plus en plus draconiennes, mouvements "citoyens" et "écologiques"  contre les turbines qui "défigurent nos paysages", un ancien président de la République qui prend position contre les éoliennes, etc..., la France résiste à "l'invasion éolienne" au nom de l'esthétisme et de la préservation de nos terroirs.

Paradoxe d'un pays qui a laissé faire ses élus. Ceux-ci ont eu le droit d'installer des zones commerciales partout avec des règles d'urbanisme particulièrement tolérantes sur l'esthétisme de ces cubes de tôle, de cet "empire du hangar". 

Mais quand il s'agit d'installer des éoliennes (ou des maisons écologiques qui ne respectent pas les soi-disantes règles architecturales régionalistes), là, la résistance s'organise, de manière efficace.

Il est toujours étrange de voir cette mobilisation alors que (presque) personne ne semble s'émouvoir de ces lignes à hautes tensions, au moins aussi laides et beaucoup plus malfaisantes pour notre santé.

David Mangin a une explication à ce phénomène étrange et paradoxal : la France, et ses hommes politiques, rejettent les grands ensembles et s'appuient sur une "mémoire rurale", largement fantasmée. Si la France consomme pour son urbanisation deux fois plus de terres agricoles que l'Allemagne, c'est sans doute que les Français sont restés majoritairement ruraux beaucoup plus longtemps que les Allemands ou les Anglais. Le mythe d'une France bucolique est symbolisé par l'affiche de Mitterrand en 1981: la force tranquille du clocher, le bien-être rural. 

Le rejet des éoliennes se nourrit de ce mythe : nos belles campagnes ne peuvent pas être souillées par cet objet barbare. Le sous-entendu est clair : je ne veux pas voir cela  à côté de mon lotissement ou de mon pavillon. Quant aux  lignes à hautes tensions, elles étaient là avant, donc, cela n'est pas grave.

Ces néo-ruraux ont tellement investi financièrement et personnellement dans leur maison, que l'ombre d'une éolienne à l'horizon devient inacceptable !

eoliennehautetension.jpg

PS: Dans le cadre de cette réflexion, le projet Wind-it de transformer les poteaux et pylônes électriques en éoliennes est intéressant.

 

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