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Twitter : @Rcoutouly

Il faut demander plus à l'impôt

et moins aux contribuables

 

Alphonse Allais

 

Outil fiscal

Les contributions incitatives sont des micro-taxes payées sur les activités polluantes. L'argent récolté permet aux plus démunies d'investir dans les transitions écologiques et énergétiques. 

Vidéos

 
Un résumé de la pensée de l'auteur sur la crise écologique 
25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 08:29

cahuzac.jpg

 

Le gouvernement, pour atteindre ses objectifs, cherche encore où trouver les milliards indispensables pour équilibrer son budget. La tentation est donc grande d'aller utiliser l'antique  taxe carbone pour cela. Elle permettrait de créer de nouvelles ressources pour un Etat aux abois.

 

Le projet pourrait être celui-ci: on réclame un impôt "léger" sur chaque émission de carbone et l'Etat engrange le bénéfice pour combler ses déficits. Quelques centimes sur l'essence, le gaz, le plastique ... La facture monte vite et, une fois lancé, il suffit, de temps en temps, d'augmenter de quelques centimes pour récupérer quelques milliards. Rappelons qu'une augmentation de la TICPE (ex-TIPP) d'un centime rapporte 500 millions à l'Etat.

 

Pour éviter la censure du conseil constitutionnel, qui avait enterré le projet de contribution climat-énergie en 2010, on ne risquera pas la rupture d'égalité devant l'impôt, on taxera tout le monde : les entreprises comme les particuliers.

 

Ce projet aurait un autre avantage : la taxe carbone, réclamée par de nombreux écologistes, serait acceptée.

Cette tentation du ministre du budget, Jérôme Cahuzac, serait pourtant une véritable erreur politique pour plusieurs raisons.

D'abord,  elle serait très impopulaire, car la ficelle étant grosse, tout le monde aura compris qu'il s'agit d'une nouvelle ponction au seul bénéfice de l'Etat.

Cette contribution n'aura aucun effet sur les émissions de carbone. Les Français seront taxés un peu plus mais cette taxe n'aura rien de dissuasive puisque rien ne sera proposé pour diminuer nos consommations d'essence et de gaz. Prisonnier d'un mode de vie que la société française a généralisé depuis des décennies, les citoyens n'auront aucun moyen de réduire leurs émissions sauf une sobriété subie qui sera vécue comme une restriction de liberté.

Enfin, ce nouvel impôt n'ayant aucun effet de relance économique, il va contribuer à l'atonie de l'économie du pays!

 

Si le gouvernement Ayrault veut mettre en place une contribution climat-énergie, il faut que l'argent récolté soit utilisé pour investir dans la transition écologique. De cette manière, on relancera l'économie et cette mesure sera beaucoup mieux comprise par les citoyens de notre pays. Elle le sera d'autant plus que cet argent leur reviendra pour qu'ils puissent investir et se lancer dans cette transition.


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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 08:12

conferencegouv2.jpg

 

La conférence environnementale terminée, l'opinion publique est passée à d'autres sujets. Le gouvernement peut avoir le sentiment d'avoir fait son travail en matière d'écologie. En réalité, il s'agit d'un premier travail bien insuffisant face à l'importance des enjeux.  Quels enseignements faut-il tirer de ce week-end des 14 et 15 septembre 2012.

 

Sur la méthode, le gouvernement n'a pas tiré les enseignements du Grenelle de l'environnement. Quelques heures de tables rondes ne suffisent pas sur des sujets aussi complexes. Aucune idée nouvelle, aucune innovation, aucun consensus ne pouvaient émerger de ce travail trop rapide.

 

Par contre, contrairement au Grenelle, le personnel politique (députés et quelques ministres) a participé aux tables rondes. Cela a enrichi la réflexion de tous.

On ne peut que louer le discours volontariste de François Hollande, on peut aussi apprécier la certitude, clairement exprimée par Delphine Batho, du lien entre relance économique et développement de l'économie "verte". Mais il ne s'agit que d'intentions qui, une fois encore, n'engagent que ceux qui y croient.

 

Aussi, il faut scruter les mesures concrètes proposées par Jean-Marc Ayrault pour évaluer le niveau d'engagement de ce gouvernement. Classons les mesures présentées en fonction de leur efficacité.

Deux mesures sont concrètes et tangibles. Elles lancent la transition énergétique en jouant sur deux axes: la sobriété et l'efficacité énergétique.

La mise en place de la tarification progressive de l'énergie au 1er janvier 2014 est positive.  Elle s'articule avec le projet de rénovation thermique des logements par un système de tiers-financement. 

Mais un million de logements par an, cela semble énorme car le système proposé connaît quelques limites. Dans l'ancien, il repose sur le volontarisme des propriétaires. Or, la rénovation étant financé par les économies d'énergie, l'intérêt financier de la rénovation n'est pas évident.  On peut douter aussi, dans cette période de crise financière, de la capacité des sociétés porteuses à dégager l'argent nécessaire à ce million de logements rénovés.

 

D'autres mesures sont des annonces (presque) gratuites, symboliques, sans effet sur le terrain, à court et à moyen terme. Citons-les rapidement : la voiture à 2 litres (l'Etat ne peut obliger les constructeurs automobiles à la faire), l'agence nationale de la biodiversité, le conseil de la transition écologique, le soutien à l'effort de recherche sur les risques sanitaires, ...

 

Il y a aussi des intentions affichées qui rassurent mais ne règlent rien sur le long terme : le moratoire prolongé sur les OGM, l'interdiction de l'exploitation du gaz de schistes, le souhait de freiner l'artificialisation des sols (comment le mettre concrètement en place?).

 

Le "catalogue" présenté a l'avantage de prendre en compte l'ensemble des problématiques écologiques. Mais, le gouvernement peine à présenter un plan global de travail.

Le plus significatif sur ce point aura été les propositions en matière de fiscalité. Seul le durcissement du bonus-malus automobile et l'augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes ont été décidé. Pour la contribution climat énergie,  le consensus existe sur le principe mais non sur les modalités de mise en oeuvre.


La réussite de la conférence environnementale va dépendre essentiellement des suites que saura lui donner le gouvernement.

S'il en reste là, on oubliera vite ce moment qui n'aura lancé que quelques mesures.

Si, par contre, il utilise cet évènement comme la rampe de lancement d'une réflexion sur le long terme, un Grenelle étalé sur des mois de réflexion; si, il fait du conseil de la transition écologique, une instance centrale d'un dialogue renouvelé, alors cette conférence restera comme le point de départ d'une transition écologique qui sera nécessairement longue et complexe.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 08:48

hollande-croit.jpg

 

En fixant un calendrier précis, Hollande fait preuve d'une certaine forme de courage politique. L'échéance se trouve dans deux ans, deux ans pour redresser le pays, son économie et ses comptes publics.

 

Derrière le courage apparent, on trouve aussi une forme d'inconscience qui s'appuie sur une croyance forte.

Hollande comme la grande majorité des analystes et experts français est persuadé que, après chaque période de crise, aura lieu une période de croissance.

 

Ce rythme "naturel" de l'économie impose le retour, quasi-magique ou religieux, du retour de la croissance. Hollande croit en sa bonne étoile, la crise a été sévère, elle dure depuis 4 ans. Elle doit OBLIGATOIREMENT s'arrêter et ce retournement ne devrait pas tarder.

Hollande croit donc en sa bonne étoile : le dieu croissance va le sauver, lui et le pays comme le chrétien est persuadé de sa rédomption au ciel.

 

Hollande n'a pas compris la nature profonde de cette crise: derrière la crise des subprimes, la crise des dettes publiques européennes, la crise du ralentissement de l'économie mondiale, se cachent une crise globale et totale : la planète atteint le plafond de verre de l'usage de ses ressources. L'Humanité ne peut plus croître  par manque d'espaces disponibles et de ressources.

La croissance ne reviendra pas et il nous faut inventer un autre mode -nécessairement innovant- de développement économique basé sur la durabilité et la stabilité.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 16:49

En novembre 2011, j'écrivais sur ce site

"Au nom du "il faut sauver le soldat Areva", on pourra alors oublier les promesses de campagne et continuer une politique désastreuse à terme."

100 jours après l'élection de Hollande, avec les propos de Montebourg, et malgré les rapports qui contredisent le ministre du redressement productif (terme déjà bien assez  inquiétant!), nous y sommes!!

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire lire l'excellent article d'Olivier Danielo: je n'y enlève aucune virgule !

546585_3459433378584_1707896625_n.jpgAlors que les scientifiques de l’US DoE viennent de démontrer qu’atteindre un niveau de 80% d’énergie renouvelables dans le mix électrique des USA était « facilement accessible » (Accèder à l'étude), alors que les experts s’inquiètent de la piscine de Fukushima qui constitue « un désastre planétaire en puissance », alors que les françaises et les français ont élu François Hollande à la présidence de la république sur la base d’un engagement de réduction de 25 points de la part du nucléaire dans le mix électrique français, Arnaud Montebourg, le ministre du « redressement productif », vient de déclarer que « le nucléaire est incontestablement une filière d’avenir ». Manuel Valls et Laurence Rossignol ont appuyé ces propos. Et Henri Proglio est toujours aux manettes d'EDF.

Corinne Lepage: "Même si le président Hollande s’est engagé à réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50% d’ici 2025, à l’horizon 2017, il n’y a en réalité aucun changement d’orientation"
    
François de Rugy (EELV): "Si on pensait que le nucléaire est la meilleure énergie pour l'avenir, on ne chercherait pas à la réduire"

Karine Gavand (GreenPeace-France): "Les déclarations d'Arnaud Montebourg renforcent la cacophonie du gouvernement sur la question de l'énergie"

Delphine Batho organise les 14 et 15 septembre 2012 une « conférence environnementale » portant principalement sur la thématique énergétique. Ce gouvernement serait bien inspiré d’annuler cette conférence de pacotille et de verser l’argent ainsi non gaspillé aux enfants du nord-Mali qui souffrent de malnutrition consécutivement à l'instauration d'une tyrannie salafiste face à laquelle il n’a pas bougé le petit doigt.
 

Un internaute: "Voilà ce qui arrive quand le vote va vers des candidats porteurs de pots d'idées diverses et contradictoires. Les hommes de postures ne méritent pas nos votes, sérieusement. La démocratie s'exprime le mieux quand elle porte l'attention sur une question et un débat à la fois, comme le oui ou le non d'un référendum, quand le vote ne concerne qu'une seule idée. Dès lors que "vous" votez pour des personnes", le mensonge et l'illusion gouvernent. Cqfd."

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 17:34

prix-a-la-pompe.jpg

 

Dans certaines stations-service, le prix du litre de super vient de dépasser deux euros le litre . L'inexorable, et difficilement supportable, augmentation de la facture carburant participe à la morosité économique. Quelle politique faut-il alors mener?

 

Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault promet, ce 22 août 2012, une diminution "modeste" et "provisoire" des taxes sur le carburant. Mais il affirme l'installer "en attendant de mettre en place un mécanisme qui régule le prix des carburants" et il ajoute "si vous gelez les prix pendant trois mois et que vous les laissez repartir après, vous n'avez rien résolu."

Le même jour, le gouvernement allemand fait savoir qu'il est opposé à une diminution des taxes pour contrer la flambée du prix des carburants. Le porte-parole du ministère des finances, Martin Kotthaus, rajoute "faire baisser le prix des carburants ne fait pas partie du rôle du gouvernement".

S'agit-il seulement d'une opposition de style? Les socialistes français étant volontaristes, les conservateurs allemands plus libéraux? Le gouvernement Ayrault veut-il se débarrasser rapidement d'une promesse de campagne de François Hollande en l'appliquant a minima?

Allons au-delà de ces questions, prenons du recul. Ce qui est certain, c'est que les positions allemandes et françaises, illustrent des visions diamétralement opposées des politiques énergétiques. C'est une certitude: la baisse des taxes, allégeant  la facture du carburant pour le consommateur sera, à long terme, une véritable erreur politique.

Pourquoi? Tout d'abord, parce que la TIPP, la taxe sur le carburant, joue un rôle important dans le budget de l'Etat. Dans le contexte actuel de déficit public, il sera difficile de baisser fortement un impôt qui rapporte près de 15 milliards d'euros par an.

Ensuite, parce que les prix des carburants vont probablement continuer à monter dans les mois et les années à venir : il est donc fortement probable que les baisses de taxes sur les carburants soient sans effet sur les prix à la pompe. On se sera donc privé de recettes indispensables pour la Nation, sans que le consommateur (et l'électeur !) ne voit la différence.

Plus fondamentalement, nous n'avons pas intérêt à envoyer un signal de baisse des prix à l'automobiliste. Si nous voulons préparer les ménages et les entreprises à l'inéluctable pénurie de pétrole, il faut -au contraire-  laisser faire l'augmentation des prix qui reflètent l'inexorable tension mondiale autour de l'accès aux hydrocarbures.

Il faut alors accompagner les consommateurs pour les aider à trouver des solutions à cette implacable évolution. Pourquoi alors ne pas consacrer une petite partie de la TIPP pour aider les entreprises, les particuliers et les collectivités locales à trouver des solutions qui les aideront à sortir de leur dépendance de plus en plus dangereuse aux carburants?

Une petite contribution (de l'ordre de quelques centimes par litres) ne changera guère la facture à la pompe mais pourra permettre des investissements qui amorceront une sortie de notre dépendance. 

Cette contribution alimentera un fonds d'investissement public qui favorisera les tentatives de découplage de notre économie à l'économie du pétrole.

Prenons quelques exemples de l'usage possibles de ces fonds:

-aider les municipalités des grandes villes à installer des stations en libre accès pour louer des voitures électriques ou des vélos à assistance électrique

-aider les communes péri-urbaines éloignées des centres des métropoles à installer des bus à grande vitesse qui puissent aider leurs habitants à sortir de leur dépendance à leurs voitures lors de leurs migrations pendulaires

-soutenir les entreprises qui veulent se doter de flottes de véhicules électriques ou hybrides rechargeables.

-installer un parc de taxis collectifs réservable par portable

 

Le lecteur réticent à la seule idée de voir sa facture encore monter doit savoir que, de toute manière, elle augmentera encore car la demande mondiale de pétrole excède de plus en plus une offre rendue de plus en plus difficile à trouver (pétrole de schistes, forage en eaux très profondes, ...). 

Se préparer à ne plus dépendre de cette ressource non renouvelable est donc une nécessité.

Si le lecteur craint que les plus pauvres soient les premiers perdants de ces augmentations, il doit encore plus redouter le laisser-faire et l'impréparation qui condamnera encore davantage le laxisme et les promesses intenables.

 

Seule une politique d'investissement et d'augmentation des prix à la pompe peut nous aider à sortir de notre addiction au pétrole. 

 

Pour en savoir plus sur ces propositions: le site fiscalité environnementale


 

 

 

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 08:32

 

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A première vue, on peut s'inquiéter de la nomination de Nicole Bricq au ministère de l'écologie. Inconnue du grand public, cette sénatrice, rapporteuse de la commission des finances territoriales, semble davantage affutée pour les questions budgétaires que les questions environnementales.

 

Mais quand on s'intéresse à son parcours et à ses préoccupations politiques, on découvre qu'un de ses "chevaux de bataille" est la fiscalité. Alors quand, comme moi, on écrit et réfléchit à la fiscalité environnementale, cela semble une excellente nouvelle.

Enfin, une ministre de l'écologie qui ne sera pas un alibi pour une vision de l'écologie basée sur les petites fleurs et le patrimoine "naturel". Enfin, on peut espèrer une politique environnementale qui cherche a concilier les activités humaines et leurs liens avec la planète. Enfin, la volonté de croire que la fiscalité a un rôle crucial à jouer dans les politiques publiques.

 

Pour information, on en reparlera, les propositions de Nicole Briq, dans le cadre de la commission Keller, sur la fiscalité carbone (2009):

 

 

Proposition 1 : Conforter, réguler, superviser et mutualiser le Système Communautaire d’Echange des Quotas d’Emission (SCEQE) de gaz à effet de serre. 

Proposition 2 : Instaurer un prix plancher sur le marché européen de permis d’émission

Proposition 3 : Instaurer une taxe carbone, au niveau national, pour les émissions diffuses des ménages et des entreprises non soumises au SCEQE

Proposition 4: Déterminer le taux de cette taxe sur la base des propositions du rapport Quinet.

Proposition 5 : Déterminer un objectif tarifaire progressif et prévisible, sur une longue période (2010-2030), révisable pour tenir compte des progrès techniques et du changement climatique.

Proposition 6 : Instaurer un tarif unique permettant d'envoyer un signal prix clair pour tous, entreprises et ménages.

Proposition 7: Harmoniser à terme les taux de l'Union européenne 

Proposition 8 : Assurer le caractère redistributif du produit de la taxe carbone. 

Proposition 9: Créer un fonds d’accompagnement à la mutation énergétique afin d’aider les ménages les plus modestes et les entreprises qui n'auraient pas les moyens de s'adapter.  

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 06:40

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La parution du livre de Laurent Mauduit "les imposteurs de l'économie" est l'occasion d'un salutaire débat sur la place de ces experts médiatiques dans l'opinion publique française.

 

On peut, en toute légitimité, se poser la question suivante : leurs (multiples) activités ne signifient-t-elles pas des conflits d'intérêt, déontologiquement inacceptables?

Car ces experts sont en général des fonctionnaires payés par l'Etat pour donner des cours dans les grandes écoles françaises. Leur salaire de fonctionnaire ne représente qu'une part minoritaire de leur revenu. Un professeur d'Université gagne, net, entre 50 000 et 80 000 euros par an. Or, l'un de ces "grands" économistes, accusés par Mauduit d'en gagner 2 millions par an, grâce à ses revenus d'administrateurs et d'actionnaires de grande entreprise, se défend en (r)assurant n'en gagner que 200 000 euros.

 

Restons sur ce chiffre et mesurons-en les conséquences. Avec un revenu pareil, un citoyen français -économiste de son état- n'a pas besoin de la solidarité nationale pour se payer une femme de ménage pour son appartement parisien, il n'a plus besoin de la solidarité nationale pour payer une aide-ménagère pour sa vieille mère impotente, il n'a plus besoin de la solidarité nationale si, par malheur, son grand fils se retrouve au chômage, il n'a plus besoin de l'Education Nationale pour sa fille cadette, il peut lui payer une école privée. 

Avec 200 000 euros par an, on peut en mettre un quart de côté chaque année. En les plaçant avec intelligence (c'est-à-dire avec un bon avocat fiscaliste) on peut s'assurer, dans quelques années, un revenu qui va dépasser sa retraite de professeur d'université.

 

Or, quand nous écoutons d'une oreille distraite, nos économistes sur-médiatisés, que disent-ils? "Nos" impôts sont trop élevés, "nous" payons trop de charges sociales, ...

Nous les approuvons souvent par paresse intellectuelle : car, nous ne comprenons pas qu'ils défendent leurs intérêts propres. Ils n'ont pas besoin de la solidarité nationale car leurs revenus leur permettent de s'en affranchir.

 

La déontologie des fonctionnaires est claire: ils sont au service de l'intérêt général. Ils doivent défendre l'intérêt de la majorité de leur concitoyens. Or, quand ces économistes défendent la baisse des charges sociales, ils défendent des politiques qui vont avoir pour conséquence la réduction des retraites, des allocations chômages, de l'assurance-maladie, distribuées au plus grand nombre. Ils défendent donc des politiques qui vont à l'encontre de l'intérêt général. Clairement, leur position les met dans une situation de conflit d'intérêt qui devrait les amener à choisir entre leur travail de professeur d'université et celui d'experts au service de grands groupes économiques. 

Aujourd'hui, quand un fonctionnaire "normal" veut intervenir quelques heures, hors de son service, il doit remplir une autorisation de cumul, qui peut être refusée par sa hiéarchie. Normalement, ces activités annexes doivent le rester et ne peuvent représenter une importance comparable à l'activité principale du fonctionnaire.

 

Mrs Cohen, Pastré et consorts, remplissez-vous une autorisation de cumul? Faut-il une loi  pour exiger de vous que vous choisissez entre vos activités "publiques" et vos activités "privées"?

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 21:17

 

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Une vingtaine d'économistes médiatiques parcourent les plateaux télé et les matinales des radios. Sont-ils les portes-voix masquées du grand capitale?  Le Nouvel Obs répond par l'affirmative à cette question par une démonstration magistrale ! 


Le NouvelObs dans son supplément Ciné Télé Obs du 24 mars annonce que le dossier du numéro de la semaine suivante portera sur cette question.

 

Surprise, la semaine suivante : le dossier porte sur un animateur télé quelconque et on retrouve, perdu au milieu de l'hebdo et non en couverture, un petit article de 3 pages consacré à cette question dans le NouvelObs économie, article intitulé Les économistes sont-ils des "imposteurs"?

Le revirement de la rédaction de l'hebdomadaire interroge : cet article gêne-il au point d'en avoir minoré l'importance? Des "grands" économistes influents se sont-ils plaints, au point d'avoir gain de cause? On ne le sait pas mais la suspicion demeure. 

 

L'article porte sur la parution du livre de Laurent Mauduit "les imposteurs de l'économie". Aprés une courte présentation du livre, très critique sur son contenu, on donne l'occasion à chaque économiste de se justifier. On peut lire quelques lignes sur les arguments de Mauduit et on a laissé une tribune entière à chacun pour y répondre, avec, à chaque fois, l'adresse du site de chaque "expert".  

Bref, on soigne les Jean-Hervé lorenzi, Elie Cohen et autres Olivier Pastré. Le journal démontre ainsi qu'il les défend et ne donne aucun crédit à la thèse de la connivence de ces auteurs avec la finance.

Or, ce qui interroge ici, c'est que ces experts médiatiques répètent partout que nous devons faire des efforts, que nous vivons au-dessus de nos moyens, etc... Ces économistes n'ont absolument pas conscience du poids de l'économie carbonée dans la crise continue que nous vivons depuis 30 ans. Ils réclament des réformes drastiques, aux conséquences désastreuses pour la population, réformes qui vont faire gagner quelques milliards mais oublient les 60 milliards de pertes de richesse de notre pays, dûes aux achats d'hydrocarbures.

Des discours qui oublient la question écologique et ses interractions avec la crise économique. Décidement, l'"opinion publique" en France est-elle une notion qui a encore du sens aujourd'hui?

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 07:57

 

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Les images de l'Actualité de ce week-end sont étonnantes : on y voit le boucher de Damas, Bachar Al-Assad venir voter. Le président syrien, responsable  de la mort de plus de 7000 de ses concitoyens, sourit devant les caméras.  L'image choque.  Elle prouve les limites de la démocratie.

Elle est désirée par tous les peuples. Elle est contournée par de nombreux dirigeants qui s'assoit sur les principes du droit des peuples à décider par eux-même de leur destin.  L'élection présidentielle contestée dans la plus vieille démocratie africaine en est une autre preuve : le président sénégalais octogénaire peut -presque- tranquillement se faire réélire. La situation russe est similaire : voilà un homme "fort", qui ressemble à un dictateur. Pourtant, il se prépare à être élu de nouveau et à prolonger un pouvoir au-delà de deux décennies.

 

Aujourd'hui, permettre aux électeurs de mettre un bulletin dans l'urne ne signifie pas forcément démocratie. Il faut s'assurer pour cela d'autres libertés fondamentales : la liberté d'expression, d'opinion, la liberté de la presse.

Les Occidentaux, "inventeurs" de la démocratie, sont-ils pour autant irréprochable? Le sénat américain comme la chambre des députés françaises sont remplis d'hommes "blancs" ayant dépassé la cinquantaine, provenant de milieux aisés. Si la démocratie doit représenter le peuple, on constate qu'elle n'en représente qu'une petite partie.

Faisons donc deux propositions  dont l'application développerait l'idéal démocratique. 

En amont de l'élection, rendons obligatoire la désignation des candidats -des candidats à toutes les élections- par les citoyens, par tous les citoyens. Car, les potentats de tous les pays et de tous les partis l'ont bien compris : l'important est d'abord d'être désigné. Comme on le fait "entre pairs", on évite les originaux, on reste dans l'endogamie.

En aval de l'élection, rendons obligatoire la publication des résultats, bureau par bureau, dans les heures qui suivent l'élection. C'est en ne respectant pas ce principe que de nombreux dictateurs truquent les élections.

 

Seuls, le respect de ces deux principes permettrait à un pays d' appartenir à la grande famille des démocraties.

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 14:40

 

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Contrairement à ce que les médias ont annoncé, la Suède n'a jamais mis en place la taxe Tobin dans les années 90. Depuis l'annonce de la taxe Tobin décidée de manière unilatériale par la France, tous les journalistes et les commentateurs politiques répètent la même chose : il est dangereux de faire la taxe Tobin seul. La preuve ? La Suède a dû y renoncer dans les années 90 à cause de "la fuite des capitaux". Mais sommes-nous si sûr de cette information?

 

N'imaginez pas que nos éditorialistes ont fait leur travail d'investigation : ils ont été trouver l'information ... sur Wikipédia !  Mais si vous voulez en savoir plus que cette information paresseusement répétée dans tous les médias, lisez cet article !

Alors que toute la presse réalise des articles sur la taxe Tobin, personne (sauf Terraéco, merci à eux !) ne nous parle du rapport de l'ONG Unitaid, rapport de 170 pages sorti le 14 septembre 2011, bizarre, non? 

Vous voulez encore plus étrange? En 2001, la vice premier-ministre suédoise, Lena Hjelm-Wallen se déclare en faveur de la taxe Tobin. La même année, 72 parlementaires suédois se prononcent dans le même sens dans le cadre de l'appel mondiale des parlementaires pour la taxe Tobin. Les députés suédois sont les plus nombreux à signer cet appel après les Britanniques et les Français. C'est étrange.  Voilà un pays qui aurait souffert de l'instauration de cette taxe et dont les responsables veulent recommencer !?

Et si on allait chercher ce qui s'est réellement passé? En 1984, le gouvernement des sociaux-démocrates décide d'une taxe ciblée sur les transactions internes au marché suédois et non sur les transactions internationales. Le taux était fixé à 0,5%. En 1986, ce taux est doublé et passe à 1%. Avec l'alternance politique de 1990, et la crise boursière à la même époque, cette mesure fut supprimée. 

On voit donc qu'il y a, dans cette "histoire suédoise", deux différences fondamentales avec la taxe Tobin: il s'agissait de taxer les transactions nationales et non internationales. Contrairement à ce qui est écrit par quelques journalistes pressés ou complaisants, le taux de 1%, pratiqué à l'époque, est largement plus élevé que la taxe Tobin qui peut varier entre 0,01% et 0,1% soit 10 à 100 fois moins !

Aucune rédaction ne cite le rapport Unitaid qui démontre, au contraire, que le choix de commencer la taxe Tobin n'a aucun effet négatif sur l'économie nationale du pays qui se lance. Nul média pour expliquer qu'un taux de 0,1% rapporterait 12,5 milliards d'euros à l'Etat français. Pas un organe de presse pour suggérer que cet argent pourrait participer au désendettement massif de l'Etat français.

Conclusion: La belle unanimité des médias français est inquiétante. La faible investigation des éditorialistes l'est plus encore. Au fait, savez-vous combien de temps, il a fallu à l'auteur de cet article pour trouver, sur internet, ces informations sur cette "histoire suédoise"? Un quart d'heure!

 

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