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Twitter : @Rcoutouly

Il faut demander plus à l'impôt

et moins aux contribuables

 

Alphonse Allais

 

Outil fiscal

Les contributions incitatives sont des micro-taxes payées sur les activités polluantes. L'argent récolté permet aux plus démunies d'investir dans les transitions écologiques et énergétiques. 

Vidéos

 
Un résumé de la pensée de l'auteur sur la crise écologique 
2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 06:31

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Lors de la manifestation organisée, pour le 1er mai, par l'UMP au Trocadéro, Nicolas Sarkozy revendique l'héritage de "ceux qui luttent pour le droit de grève et la liberté syndicale", il refuse d'opposer "patrons et salariés", "travail et patrimoine". Proposons donc une mesure simple et concrète qui permette d'appliquer ces belles idées : faisons entrer des salariés dans les conseils d'administration des entreprises.

 

Rappelons que, en France, les représentants du personnel ne sont pas membres des conseils d'administration des entreprises. Cette mesure n'offre que des avantages pour les deux candidats à notre élection présidentielle. Elle permet au président "candidat sortant" de mettre en pratique, d'une manière concrète et symboliquement forte, ses belles idées. Elle lui permet aussi de s'harmoniser avec le modèle allemand qu'il vante souvent.

En Allemagne, en effet, les travailleurs sont représentés au conseil de surveillance des entreprises de plus de 500 salariés. La part de ces représentants varie entre un tiers et la moitiée. Ils participent aux votes, pour nommer la direction, évaluer les performances et contribuer à l'élaboration de la stratégie de l'entreprise. 

 

Cette mesure pourrait être aussi adoptée par le "candidat entrant" socialiste. En décidant de cette réforme, symboliquement forte, et qui ne coûte rien, en début de son mandat, François Hollande mettrait la représentation syndicale et le dialogue social au coeur de son action politique.

Même si elle était mise en place à minima (par exemple sans droit de vote, dans un premier temps), cette mesure aurait des effets immédiats sur la vie des entreprises : elle permettrait aux salariés de s'exprimer et d'être entendu sur les choix de l'entreprise. Elle mettrait fin à "l'entre soi" des patrons. En France, on  cantonne les représentants syndicaux aux questions d'hygiène et de sécurité. On va découvrir alors qu'ils peuvent avoir de bonnes idées sur les stratégies et le management. C'est d'ailleurs cette particuliarité qui explique, en grande partie, la plus grande efficacité des entreprises allemandes : elles tiennent compte de l'avis des principales personnes concernées par l'avenir de l'établissement: ses salariés.

 

Bien entendu, en France, cette proposition ne sera pas mise en place : les gens de gauche vont considérer que les représentants des salariés seraient alors  des traîtres envers les autres salariés. Et les gens de droite vont nous dire que les représentants syndicaux sont des irresponsables. 

Faisons un rêve : et si les Français étaient assez raisonnables et réfléchis pour accepter cette coexistence au sein des entreprises

 

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 07:10

Asymptote

 

A quelques heures du premier tour de la Présidentielle, examinons les programmes des différents candidats  à la lumière de l'écologie et plus précisement de la crise écologique.

 

Le concept de crise écologique est défendu inlassablement par l'auteur de cet article. De quoi s'agit-il? La crise écologique est une autre explication des crises économiques et de l'explosion des dettes. Elle ne s'oppose pas aux analyses traditionnelles mais les complète.

Le ralentissement économique, que nous vivons depuis 2008, s'explique parce que nous atteignons le plafond de verre des ressources par rapport à la planète et ses habitants. Terres cultivables, foncier pour construire, pétrole, minerais, alimentations, eau potable, ... : partout et pour tout, nous aboutissons à l'asymptote de nos possibilités par rapport à notre population.

La crise de la dette a la même explication. Pour relancer la machine économique, les gouvernements des pays occidentaux vivent depuis 30 ans au-dessus de leurs moyens. A chaque fois, ils parient sur un accroissement de la croissance économique, croissance toujours décevante par rapport à leurs objectifs. Or, cette reprise économique est toujours contrecarrée par l'augmentation des prix et des coûts  de ressources de plus en plus rares.

 

Les candidats à l'élection présidentielle ont-ils conscience de ce phénomène? Ont-ils, dans leur programme, quelques éléments de réponse à cette grille d'analyse? Commençons  notre tour d'horizon.

 

Marine Le Pen est la plus extrémiste en ce domaine. Elle nie le réchauffement climatique et annonce la mesure la plus démagogique et la plus irréaliste qui soit sur ce sujet: faire immédiatement baisser le prix de l'essence de 20%. C'est faire la politique de l'autruche et croire encore naïvement en la société d'abondance.

 

Nathalie Artaud et Nicolas Dupont-Aignan, pourtant de bord opposé, ont la même approche : la crise est monocausale. Pour la première, la bourgeoise et le capital sont seuls responsables, pour l'autre, c'est la finance et l'Europe. Le manichéisme simplificateur ne permet pas de comprendre que, si l'Europe est en crise depuis 30 ans, c'est qu'elle affronte aussi les inconvénients d'être un vieux continent aux ressources limitées. 


François Bayrou et Jacques Cheminade ont des analyses voisines. L'écologie et le développement durable sont un simple paragraphe de leur programme. La résolution de la crise est leur principal problème mais ils n'ont pas compris le lien qui existent entre crise et écologie. On devine pourtant que, pour eux, l'écologie  a un coût qui s'oppose à la relance économique. Cela doit donc rester secondaire.

 

Jean-Luc Mélanchon et Philippe Poutou ont des vues similaires. L'écologie prend une place importante dans leur programme et le lien entre la crise et l'écologie est esquissé. Malheureusement, leur vision d'une planification écologique, dirigiste et donc autoritaire, semble bien naïve. Croire que l'on va modifier les comportements des citoyens et des consommateurs par l'injonction et la réglementation, procède d'une méconnaissance des processus d'évolution des mentalités.

 

Eva Joly semble être la candidate rêvée pour comprendre la crise écologique. Mais sa vision, certes franche et lucide de la situation, souffre d'un manque de volontarisme. Elle peine à relier la crise et l'idéal écologique qu'elle défend. 

 

A contrario, Nicolas Sarkozy veut donner l'image du candidat volontaire par essence. Mais le président en exercice est confronté à son bilan. Aprés le démarrage prometteur du Grenelle de l'environnement, il a, lui  aussi, perçu l'écologie comme un obstacle dans son combat contre la crise. Incapable de faire le lien entre les deux, il a arbitré en défaveur de l'écologie à chaque prise de décision. De plus, son soutien à l'industrie mono-nucléaire française a handicapé la nécessaire conversion aux énergies renouvelables.  

 

François Hollande semble avoir des atouts intéressants pour affronter la crise écologique. Il possède des conseillers de qualité, qui ont commencé à faire des analyses dans ce sens. Mais sa vision du monde souffre encore du coeur de l'idéal socialiste : croire que la relance se fera par des politiques keynésiennes s'oppose à l'analyse de la situation par la crise écologique. La croissance, conséquence positive et nécessaire du keynésianisme, ne se fera pas car la limitation des ressources de la planète empêche cet ancien modèle économique de fonctionner encore. 

Le favori des sondages doit le comprendre. Il risque en effet de nous faire revivre le tournant de la rigueur de 1983, décidé par Mitterrand après l'échec de la politique de la relance initiée après la victoire de 1981. Le mur de la réalité des dettes et du plafond de verre des ressources risque d'être rapidement atteint. 

La seule relance économique possible doit impérativement mettre au coeur les politiques durables, le recyclage des ressources et les énergies renouvelables. Faute de le comprendre, le vainqueur de la présidentielle, dans quinze jours, risque de nous faire sombrer encore un peu plus.

 

sources de l'image: wikipédia et solution recyclage

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 07:12

 

candidats-copie-1.jpg

 

Les commentateurs sont unanimes, les citoyens en sont d'accord: tous les Français trouvent cette campagne présidentielle ennuyeuse. Tout le monde a hâte de la voir finir. 

 

Les explications sont nombreuses. Cette élection ressemble à un référendum sur la réelection de Sarkozy. Les thèmes choisis ne sont pas les priorités des Français (Immigration, Sécurité, TVA sociale, ...)  ou se perdent autour de mesurettes insignifiantes (le permis de conduire pour les jeunes par exemple). La crise est passée par là, contrariant les espoirs de "lendemains qui chantent".

Faire reposer le changement politique sur un seul homme devient de plus en plus ridicule devant les enjeux diversifiés d'une société française de plus en plus complexe. Chaque communauté, chaque groupe cherche donc à faire de ses propres problèmes, une priorité présidentielle. Les candidats tiennent donc des discours généralistes creux à la Télévision où ils s'adressent à tous. Puis déclinent des discours ciblés devant des publics particuliers où la "première priorité" change selon la nature de ce public.

 

Proposons une réforme qui donne du sens, dans cinq ans, à l'élection présidentielle française.


La désignation des candidats:

Gardons le principe des cinq cents signatures. Mais rajoutons quelques exigences: 

-pour éviter les candidatures farfelus ou téléguidés : exigeons la présence d'un parti comportant au moins 5 000 adhérents.

-au sein de ce parti, il sera nécessaire que le candidat soit désigné directement par une élection des adhérents. Il faut entériner, en le rendant obligatoire, le progrès démocratique que fut les primaires socialistes. Chaque parti peut décider d'élargir cette consultation aux simples sympathisants. 

-ce principe doit s'appliquer au président sortant dont la légitimité présidentielle ne doit pas suffire à en faire un candidat naturel. Il doit se soumettre, lui aussi, à la légitimité de l'élection par les adhérents de son parti. 


Les priorités des candidats:

Pour éviter le flot de promesses et obliger les candidats à dévoiler leurs priorités, pour éviter de faire reposer le destin de la France sur l'élection d'un seul homme, obligeons les candidats désignés à présenter, 3 mois avant le premier tour, une équipe de trois personnes (avec obligation de parité dans le quatuor).

Ces trois personnes seront les futurs ministres d'Etat de trois ministères prioritaires. Le candidat s'engage sur leur nomination. Ces trois personnes présenteront leur programme de travail.

On verra ainsi concrètement les priorités de chaque candidat, on pourra alors débattre du fond de chaque thématique choisie. Que propose de faire chaque "grand" ministre? On votera sur un homme mais aussi sur une future équipe.

Les élections législatives qui suivront l'élection présidentielle seront aussi le lieu de débats autour des trois priorités du candidat élu. 

On ne pourra donc plus se contenter de petites phrases assassines ou d'effets d'annonces sans lendemain. Il faudra aussi débattre du fond des questions traitées. En obligeant le candidat à faire des choix, on va porter le débat sur les questions de fond, qui concernent l'ensemble des citoyens et reléguer au second plan, les questions particulières et communautaires. On va donc redonner du sens à l'idée de République, mettant chaque citoyen à égalité, (ré)unissant les particularismes autour d'enjeux partagés.


L'élection présidentielle, inventée par le général De Gaulle, est une spécificité française. Plutôt que la détruire et d'en perdre les avantages, par rapport au système politique parlementaire courant dans le reste de l'Europe, il est préférable de le réformer. Les propositions faites ne sont ni coûteuses, ni insurmontables, elles donnent du sens au débat politique et à ce moment majeur de notre vie démocratique que constitue l'élection présidentielle.

 


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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 08:06

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La campagne présidentielle se révèle toujours aussi décevante, au ras du sol: prenons un peu de hauteur pour tenter de proposer des perspectives politiques originales pour notre pays.

En pleine mondialisation, et  rattrapage industriel des pays du Sud, l'Europe, et la France particulièrement, est en difficulté. Dés lors, on peut être tenté de raboter nos valeurs et d'oublier notre histoire pour tenter de rester dans la course. Il me semble préférable de garder ce qui fait notre richesse morale et de continuer d'aller de l'avant.

Or, être en avance sur son temps, aujourd'hui, signifie une seule chose : construire des politiques durables qui nous affranchissent de notre dépendance aux énergies fossiles et aux produits jetables, qui permettent à notre pays de redevenir en avance sur son temps au lieu de laisser les gouvernements colmater péniblement des brèches dans le contrat social qui lie la Nation française.

Pour illustrer le chemin qu'il nous reste à parcourir pour atteindre cet objectif, il suffit de discuter avec les citoyens sur le net pour y trouver tous les travers de notre difficulté à avancer positivement vers des politiques innovantes.

Premier travers : l'incapacité à rentrer dans la complexité.

Un de mes lecteurs (Zelectron) me fait le reproche suivant : Plutôt que de courir dans tous les sens et proposer 487685,31* mesures diverses et variées vous feriez mieux de vous attacher à une seule!(voire 2). Les autres restant du domaine de l'élucubration bienveillante. Il me semble que celle qui touche à la pérennité des objets représente une arme que vous n'avez pas évoqué: assécher le marché français et européens vis à vis des pays à faible coût de main-d’œuvre.

 Ce commentaire frappant permet de constater que la majorité de nos concitoyens n'arrive pas à comprendre tous ce qui relie les différents problèmes que nous rencontrons : fiscalité, salaire, énergie, chômage, écologie, dette, retraite. Chacun de ces enjeux est en relation avec les autres. Or, la majorité des commentateurs les envisagent séparément ou, parfois, avancent des liens simplistes entre eux.

Les travers suivants seront illustrés par le long commentaire que fait un certain Romain Gaillardon sur le site Newsring:

C'est bien mal connaître Dominique de Villepin au contraire... Qui est un vrai gaulliste à jour et qui veut donner à la France tous les atouts  ....  Avez vous entendu parler de la TVA 3E (Emploi, Environnement, Exportation)? Elle répond à la politique fiscale innovante, incitatrice et innovante... Il s'agit d'augmenter la TVA sur les produits ou services qui ne respectent pas des normes environnementales, qui ne favorisent pas l'emploi ou l'apprentissage localement. Une partie de la recette de cette TVA ira alléger les charges patronales de nos PME-PMI. ....  Une autre partie est affectée au financement du revenu citoyen, distribué en priorité versé à ceux qui souffrent le plus aujourd'hui. 

Deuxième travers: la croyance en un homme providentiel. 

Depuis que la légitimité des rois de France dépend de leur capacité à faire accepter que le toucher des Ecrouelles  était bien un miracle, les Français croient que le chef de l'Etat possède le pouvoir de faire changer la société. Cette croyance est renforcée par l'idée que la loi change le réel. Cette "légifération" hexagonale est une catastrophe: un pays a besoin d'idées providentielles, adaptées aux difficultés qu'il rencontre, et non de héros sauvant le monde. De Villepin, Sarkozy ou Hollande, c'est la capacité de leur projet qui compte et non leurs mots.

Troisième travers: la croyance en un nouvel impôt punitif.

Inventer un nouvel impôt  qui va résoudre le problème: le pays qui a inventé la TVA, devenue mondiale,  croit encore à cette vieille idée. Si le levier fiscal est utile, pourquoi augmenter encore un impôt si on n'est pas capable d'en baisser un autre? Accroître la pression sur les services et les produits qui ne respectent pas des normes environnementales et sociales, d'accord. Mais pourquoi alors ne pas baisser la TVA pour ceux qui les respectent?

Quatrième travers: le misérabilisme envers les pauvres.

Les pauvres n'attendent pas un nouveau "revenu citoyen",  nouvelle version du RMI, d'une charité chrétienne qui apaise la culpabilité des autres mais ne résout rien sur le fond. Les pauvres attendent du travail, le partage du travail, ils veulent de la reconnaissance sociale et cela dépend de la capacité de nos sociétés à partager le travail qui reste la seule source intégrative.

Cinquième travers: l'obsession du coût du travail.

Le coût du travail est l'obsession de ceux qui croient que la désindustrialisation voit là son unique explication. Il y a plus grave : souvent enfoui, cela cache une représentation négative du contrat social qui a fait pourtant la richesse de la France  et de l'Europe au XXéme siècle: faire payer par la solidarité nationale, -c'est à dire par tous-  la maladie, la retraite et la pauvreté. 

Il faut que cette avancée, que l'Europe est le seul continent à avoir instauré, puisse se diffuser partout dans le monde. Le progrès est là, il faut que, progressivement, tous les pays de la planète puisse nous rejoindre. Ce n'est pas à nous de nous en débarrasser, c'est aux autres d'y venir. 

Les concessions sur ce point seraient catastrophiques. Elles nous affaibliraient: faire croire que nous allons faire payer nos retraites par des expédients  ( amendes aux pollueurs, augmentation de nos propres impôts et taxes), vendre ces réformettes en faisant croire que cela va nous remettre au niveau  du coût du travail des Chinois ou des Marocains:  il s'agit d'illusions dangereuses. 

Il n'y a en réalité qu'un seul chemin crédible : celui qui consiste à mettre la barre encore plus haut. Nous avons exigé,  jusqu'à présent, une solidarité nationale qui permettent à tous de vivre, nous exigeons maintenant un autre progrès : produire et consommer durable

L'Europe et la France sont en avance sur le reste du monde sur le plan du modèle social. Exigeons de nos partenaires des autres continents qu'ils y viennent, et reprenons notre avancée économique en construisant une économie durable qui puisse s'affranchir des coûts de l'énergie et des matériaux non renouvelables.

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 08:05

 

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Tous les protagonistes étant maintenant sur le champ de bataille : la campagne présidentielle -moment essentielle de la vie politique française- peut réellement commencer. Or, il faut bien constater qu'elle est mal partie: petites phrases assassines, discours contenant des qualificatifs à la limite de l'insulte,  désignation multiples  de bouc émissaire,... En cette période de crise, les étrangers, les riches, les chômeurs, l'Europe, la Chine, l'Euro, ... les candidats rivalisent d'imagination pour trouver des coupables à défaut de présenter des idées politiques  concrètes pour résoudre les problèmes de la France.

 

Dans ce contexte, le livre (Reprenons-nous! aux éditions Tallandier) et le discours de Jean-Paul Delevoye, apparaissent comme révélatrice des maux de la société française. Il est intéressant de l'entendre expliquer que sa position de médiateur de la République lui a ouvert les yeux sur les souffrances des Français.

Pourtant, explique-t-il, un député rencontre ses administrés et fait "l'assistante sociale" pour eux. Mais les gens qui vont voir leurs députés sont convaincus de leur bon droit et  sont rarement dans le besoin. Le médiateur, au contraire, rencontre la souffrance des citoyens. Delevoye insiste par exemple sur l'inefficacité du travail du législateur: de plus en plus de lois, de plus en plus complexes, souvent sans effet, et parfois ayant des conséquences négatives.

La "légifération" est un mal très français : on pense et on croit qu'une loi résout un problème. Si à chaque problème, on lui adjoint une loi, on le règle. Mais l'accumulation, par exemple, des lois sur la récidive le prouve : la complication rend inutile les anciennes règles et les nouvelles ont des effets pervers.

 

Autre travers, autre maux, le livre de Yann Algan, Pierre Cahuc et André Zylberberg (la fabrique de la défiance, et comment s'en sortir, aux éditions Albin Michel) montre que la société française est cadenassée par la difficulté à créer des rapports sociaux fondés sur la confiance et le dialogue: patrons hautains, presque tous sortis des castes des grandes écoles,  personnel politique aux moeurs féodales, syndicalistes minoritaires qui font carrière, système éducatif élitiste, où la compétition est la règle et les échanges et les coopérations, l'exception.  Il nous faut sortir de ces travers et créer une ère nouvelle au service de la population française et dans l'espoir de la sortie de crise.

 

Force est de constater, avec tristesse, que la campagne présidentielle tourne le dos à ces enjeux majeurs : le déclin de notre pays semble avoir de belles espérances. Il nous faut pourtant réagir si nous voulons éviter le crash.


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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 17:28

 

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Depuis le fiasco de la taxe carbone au printemps 2010, le débat sur la fiscalité environnementale en France était au point mort. La question n'était pas traitée par les responsables politiques qui semblaient s'accommoder du status quo actuel.  La majorité des écologistes français se contentait de réclamer la mise en place d'une taxe carbone sans qu'il y ait eu une véritable réflexion sur l'opportunité d'installer cet outil fiscal très impopulaire.

 

Tout semble maintenant bouger. La crise de la dette a permis d'ouvrir les yeux à beaucoup. Les solutions "vertes" réclament davantage de conviction que de coercition. Le problème n'est pas de punir mais plutôt de se donner les moyens financiers de réussir la transition écologique.

La taxe carbone était un outil brutal et grossier, un "brouillon" de fiscalité environnementale. Durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, je n'ai cessé de dénoncer ses faiblesses. Je ne peux donc que me réjouir de voir de nombreux écologistes changer d'avis et comprendre enfin que des politiques publics efficaces doivent s'appuyer sur des systèmes fiscaux plus subtils.

Par exemple, l'association nantaise CAORRE publie la réflexion approfondie d'un de ces membres, Jean-Yves Le Therizien. Celui-ci a réfléchi à un système de conversion écologique de la consommation, défendant l'extension d'un système de bonus-malus étendu à de nombreux secteurs (alimentation, services, logement, mobilité, ...) Je cite un extrait particulièrement pertinent de nos échanges:

"Prenons un cas concret: les produits contenant de l'huile de palme.... Si nous appliquons un malus, cela diminue leur achat et permet aux produits qui n'en contiennent pas d'être mieux achetés. La France importe 500 000 tonnes par an soit à 500 euros la tonne, 250 millions de déficit extérieur. D'où, si la fiscalité marche, une relocalisation de l'économie avec des produits de remplacement plus locaux ..."

Si cette réflexion mérite d'être approfondie (quelle lien entre bonus et malus? Comment faire pour que "la fiscalité marche"?), on voit que CAORRE a compris que la singularité de l'huile de palme nécessite une réponse ciblée. La taxe carbone, outil approximatif, n'aurait d'ailleurs pas permis de lutter efficacement contre les méfaits de l'huile de palme.

 


Mais la meilleure preuve d'une évolution de cette question auprès de la mouvance écologiste, provient de l'important collectif associatif, France Nature Environnement (FNE). Rassemblant 3000 associations, FNE tient son congrès annuel à Paris le 28 janvier. A cet occasion, le collectif dévoile un ensemble de mesures concrètes à destination des candidats à l'élection présidentielle.

Or, en bonne place dans ce programme, on trouve la passionnante proposition suivante: "un système  paritaire de protection environnementale". Similaire au système paritaire de protection sociale, celui-ci regrouperait les différents organismes chargés de percevoir différentes contributions. Il s'agit donc de multiplier les éco-contributions de manière à financer les investissements verts. Aux actuels éco-emballage et écofolio, HNE propose d'ajouter des éco-organismes chargés du climat-énergie, des risques industriels, des matières premières, de la biodiversité, des biens manufacturés ...

 

La similitude entre ces propositions et le système de contributions incitatives que je défend pour ma part est frappante. FNE a la même démarche et on ne peut que saluer l'émergence de ces propositions, 100 jours avant la désignation du prochain président de la République. L'équipe de France Nature Environnement, autour de son président Bruno Genty, fait donc un travail remarquable pour proposer des idées novatrices au service de l'action publique. 

Deux points sont particulièrement intéressants dans la démarche proposée : 

-le parallèle avec le paritarisme social, la gouvernance partagée entre différents acteurs (les politiques mais aussi les syndicats, les entreprises et les associations de défense de l'environnement).

-la multiplication d'éco-contributions spécialisées.

Certes, le système d'éco-contributions proposé semble encore bien rustique (un article prochain reviendra sur cette question pour faire des propositions complémentaire). Mais la dynamique est là: le mouvement écologiste s'est emparé d'un outil de politique publique crucial -la fiscalité- et semble maintenant en mesure de faire des propositions innovantes en ce domaine.

 

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 07:30

 

hollandesarkozy.jpg

 

Il y a quelques mois, la grande majorité des observateurs pensaient que les chances du président actuel de gagner la prochaine présidentielle étaient très faibles. La situation a changé et il est plausible d'envisager sa victoire au printemps.

 

Depuis des mois, Nicolas Sarkozy le sait : il n'a aucune chance contre François Hollande au deuxième tour car sa cote de popularité dans le pays est très faible. Sa stratégie consiste donc à gagner l'élection au premier tour : pour cela, il faut qu'il soit dans le binôme de tête et que son adversaire n'y soit pas. Il faut donc impérativement refaire le "coup" de 2002 en permettant à la fille de Le Pen d'être au deuxième tour face à lui.

Pour parvenir à cet objectif, le président pratique une double manoeuvre.

1-Faire le vide autour de lui, favoriser l'émiettement des voix à gauche, apparaître comme le seul candidat crédible à droite:  

L'abandon de Borloo, la marginalisation de De Villepin et de Morin face à la puissance de feu de la machine UMP condamnent les petits candidats à droite à de la figuration stérile. Parions aussi que les Boutin et autres Dupont-Aignan auront bien du mal à dénicher les 500 signatures.

Par contre, il ne faut pas trop s'inquiéter pour les signatures de Marine Le Pen. Sarkozy ayant besoin d'elle au second tour, elle trouvera les maires compatissants qu'elle réclame. 

De même, tous les petits candidats de gauche trouveront des signatures. L'émiettement à gauche limitera les voix qui se porteront sur Hollande. Or, il est impératif pour la droite que celui-ci devienne le "troisième homme" au premier tour. Le charisme de Mélanchon et la dynamique du Front de Gauche sont donc utiles à son projet.

Le président actuel peut regretter la "mauvaise" campagne d'Eva Joly: en utilisant sa candidature comme une tribune, l'ancienne magistrate n'enthousiasme pas les foules. Elle a choisi de travailler des questions de société qui nourrissent le débat et portent à polémique. Cette stratégie provient sans doute de la volonté justement de ne pas être tenu pour responsable de l'absence de la gauche au second tour. Eva Joly donne de la surface médiatique à EELV mais limite ses voix. A cet égard, Sarkozy doit regretter l'absence de Nicolas Hulot qui aurait eu probablement une autre surface médiatique et aurait drainer davantage de voix.

2-Marginaliser Hollande par une campagne médiatique offensive:

Toutes les semaines, l'équipe Riposte de Sarkozy se réunit. Elle choisit avec le président les thèmes qui, selon un échéancier précis, seront matraqués dans les médias.  Le jour dit, profitant de la formidable caisse de résonance que constitue quelques dizaines de ministres, chacun y va de son argument sur le thème du jour. Les médias inondés par le thème choisi, souvent polémique, le répète en boucle. L'occupation du fil de l'information occulte complètement l'adversaire. Hollande et son équipe se retrouvent alors en position défensive, répondent parfois avec maladresse ou se contredisent. Le président boit du petit lait.

Sarkozy a perfectionné ainsi sa stratégie médiatique de 2007. Il ne la pratique plus seul mais en meute.  Mais la "bande" de ministres et de ténors de l'UMP au travail utilisent les mêmes méthodes. Elle consiste à donner, chaque jour, "en pâture" aux journalistes, une histoire singulière. C'est le procédé du storystelling qui consiste à raconter des histoires à l'électeur plutôt qu'à lui proposer des arguments. C'est moins ennuyeux et plus difficile à combattre. Quand, le lendemain, le PS tente de répondre, les médias sont passés au nouveau thème qui fait polémique, la réponse est noyée, le candidat socialiste décrédibilisé. 

Chaque jour, l'histoire est différente, l'angle d'attaque varié : l'adversaire ne sait où donner de la voix. Un jour, on parle de l'"histoire" de la  TVA sociale, illustrant ainsi le "volontarisme" présidentiel. Le lendemain, on annonce la taxe Tobin, prenant à contre-pied les propositions de la gauche. Le feuilleton de Seafrance occupe les esprits, montrant le gouvernement à pied d'oeuvre. Puis, on attaque frontalement la disparition du coefficient familial dans le programme du PS.

On rajoute à l'idée polémique du jour, à l'histoire racontée, quelques faits ou arguments que les médias s'empressent d'utiliser en boucle sans forcément les vérifier. Ces micro-arguments, travaillés au préalable, souvent simplistes, restent dans l'esprit des électeurs.  Tous les Français ont cru à l'histoire -pourtant fausse- de la taxe Tobin suédoise.

Face à cette occupation médiatique, Hollande peut paraître mou, falot, hésitant et fragile. L'objectif est clair : pousser l'électeur de gauche dans les bras de Bayrou ou de Mélanchon ou lui suggérer de prendre sa canne à pêche le jour du premier tour.

 

3-Que peut faire Hollande?

Face à cette offensive, Hollande doit impérativement exister dans le champ des médias.

Il peut le faire en pratiquant plusieurs méthodes convergentes.

-en montant, avec ses équipes, un contre-plan storystelling. Même si la surface médiatique de ses conseillers n'est pas comparable à celle de la "meute" de ministres qui entourent Sarkozy, il peut envisager, à son tour, une ou deux fois par semaine, de proposer des "histoires" aux médias qui en sont friands.

-en travaillant la riposte aux storystellings de l'Elysée. Il faut en quelques heures, trouver le bon contre-argument, ou la contre-histoire, et la diffuser en boucle, en utilisant tous les outils actuels, y compris internet et Twitter.

-en contrepoint à cette méthode, utiliser quelques rendez-vous médiatiques pour montrer une autre image de la politique que celle des petites histoires quotidiennes dont on cherche à faire le Buzz. Les citoyens français attendent, au contraire, une façon plus responsable de faire le métier de politicien. Il faut retrouver l'esprit de la primaire socialiste.

Pour cela, il faut proposer des vrais solutions argumentées et responsables. Prenons le chômage et l'emploi, l'inquiétude majeur des Français, Hollande ne peut pas se contenter de son contrat de génération comme unique riposte. Il doit inventer d'autres réponses, proposer d'autres sujets de débats pour redevenir crédibles.

L'élection présidentielle se jouera dans le grand cirque des médias classiques et d'internet. C'est dans l'habilité du candidat socialiste à inventer des histoires qui intéresseront les citoyens que sa présence au second tour se fera. C'est là que sa victoire finale se gagnera.



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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 15:46

 

PS-EELV.jpg

 

Trois évènements récents sont venus nous démontrer que la stratégie du Parti Socialiste pour les élections présidentielles de 2012 reste fragile. Tout se passe comme si les socialistes n'avaient pas su tirer les enseignements de l'exceptionnelle réussite qu'a constitué les primaires. Les vieux démons et les mauvais réflexes sont vite revenus. On peut donc rester inquiet quant aux capacités du P.S. à gagner les élections et surtout quant à son habilité ensuite à gouverner dans le contexte particulièrement difficile des crises actuelles. 

 

Pointons ces trois faits d'actualités:

-la semaine dernière, la commission électorale du parti, sur la répartition des sièges de candidats aux législatives, démontrait toute l'absurdité de la répartition des sièges par la direction centrale; une polémique éclatant en effet sur la faible représentation de candidats issus de la diversité.

-les négociations avec les écologistes débouchent sur un accord bizarre, en forme de jugement de Salomon, qui ne convient à personne et laisse tout le monde sur sa faim: fermetures de 24 centrales mais maintien de l'EPR, répartition de sièges à l'Assemblée Nationale, maintien de la construction de l'aéroport de Notre-Dame des Landes. L'accord stipule l'instauration d'une contribution climat-énergie, retour en force de l'idée de taxe carbone.

-le porte-parole d'Areva affirme être intervenu dans les négociations entre le PS et Europe-écologie.

Quelle analyse tirer de ces évènements?

-D'abord, la désignation "par le haut" des candidats va créer rancoeurs, polémiques, multiplications des candidatures sauvages. L'UMP a beau jeu de crier au charcutage électoral. Mais surtout, les citoyens français vivent de plus en plus mal ces "petits arrangements entre amis" indigne d'un grand parti moderne. 

-la décision d'un compromis sur le nucléaire mêlé à un rapport de force subtil entre les deux partis ne satisfait personne. Focalisé sur l'abandon d'une partie des centrales, il oublie toute la construction d'une alternative crédible et cohérente. La droite a, encore une fois, le beau rôle en poussant des cris autour de la disparition des professions du nucléaire faisant oublier au passage les emplois, en nombre beaucoup plus important, que vont créer les énergies renouvelables. 

-le maintien de l'EPR et du projet d'aéroport de l'agglomération nantaise prouve, une nouvelle fois, que les cadres socialistes ont une vision de l'avenir basé sur des représentations anciennes : l'EPR signifie une technologie du passé qui va continuer d'engloutir les milliard dont nous avons besoin pour progresser dans l'industrie de l'énergie de l'avenir : le renouvelable. Un aéroport de plus signifie des investissements publics inutiles alors que  l'avion est un moyen de transport coûteux et dont l'avenir semble compromis avec la fin programmé du pétrole. 

-pendant les primaires, le PS semblait montrer qu'il écoutait les citoyens français. En se braquant sur le maintien de l'EPR, au nom du "réalisme", il s'oppose à la majorité de nos concitoyens qui préfère une sortie du nucléaire. L'intervention d'Areva montre que les lobby sont déjà à l'oeuvre. Le PS risque de commettre les mêmes erreurs que la majorité actuelle: écouter les grandes entreprises du CAC40 qui défendent leurs intérêts propres et ont de moins en moins d'avantages à défendre le pays qui les a vu naître. Continuer dans cette voie, c'est se retrouver, très rapidement, dans la posture inconfortable des partis socialistes espagnols et grecs.

-le maintien du projet désuet et inefficace d'une taxe carbone, dont on a simplement changé le nom, montre, là encore, que la réflexion sur les outils nécessaires pour résoudre les nombreux problèmes que rencontre le pays, reste bien superficiel. Les errements de l'UMP sur la fiscalité environnementale ne semble pas avoir servi de leçon aux socialistes qui se préparent à commettre les mêmes erreurs.

 

Faisons trois suggestions aux ténors d'un parti qui se veut réaliste:

-généraliser le principe des primaires à l'ensemble de la désignation des candidats pour toutes les élections. La commission électorale se contenterait de définir les règles et la déontologie de ces désignations régionales et locales. Cette réforme constitue l'opportunité de créer un immense élan populaire envers le PS, tout en permettant de résoudre toutes les tensions et conflits autour du cumul des mandats et de la prise en compte de la diversité.

-abandonner les anciennes idoles du XXème siècle (le nucléaire, le pétrole et autre vieilleries) pour s'intéresser aux outils et supports durables de notre siècle.

-travailler la question de la fiscalité comme outil de volontarisme politique dans toutes ses dimensions, et particulièrement la question de la fiscalité environnementale: la taxe carbone est un outil préhistorique inefficace. Il y a bien d'autres innovations politiques et fiscales à proposer et à utiliser.


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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 07:07

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Après la réussite des Primaires, François Hollande se trouve dans une phase plus calme où il va pouvoir peaufiner sa stratégie de campagne et le projet politique de son parti. Les attentes du "peuple de gauche" sont importantes. Le risque est donc grand de voir la montagne accoucher d'une souris politique insignifiante.

 

En effet, la social-démocratie, partout dans le monde et en Europe, déçoit et peine à construire des projets politiques crédibles. Francois Hollande prend les mêmes risques. C'est ce qu'exprime le concept dangereux de "gauche molle", concept à double visage et à double danger:

-soit la mollesse exprime une sociale démocratie gestionnaire qui se contente de politique keynesienne par la relance et les dettes. On sait où cela nous a mené: croire que les Français attentent la distribution de cadeaux pour voter pour le P.S. serait une grave illusion qui serait faire injure au sens de justice et de réalisme des citoyens de ce pays.

-soit la mollesse signifie ne pas "taper" sur les richesses et les privilèges. On se doute bien que, devant les abus de certains privilégiés, il fasse faire preuve de justice sociale et de davantage d'équité fiscale. L'idée de "gauche molle" exprime donc bien la peur que la sociale-démocratie de Hollande ait peur de faire cet indispensable "travail".

Mais Hollande court le risque de ne "faire" que cela: une courte gestion des cadeaux à son électorat et une politique de rattrapage des injustices accumulées.

Or la France, et l'Europe, ont des problèmes structurels de fond sur lesquels les Français attendent une politique énergique et surtout innovante et pertinente.

Les problèmes accumulés dans les crises économiques mondiales, dans les dettes, les injustices et les inégalités,  réclament des idées plus ambitieuses.

Prenons l'exemple du Nucléaire : ayant lu les sondages exprimant une majorité en faveur de la sortie du nucléaire, le PS et Hollande expriment une position médiane qui se veut "réaliste". Avec le risque de voir, les élections gagnées, le naturel des technocrates du PS et des lobby du nucléaire prendre le dessus.

Au nom du "il faut sauver le soldat Areva", on pourra alors oublier les promesses de campagne et continuer une politique désastreuse à terme.

Il faut le dire haut et fort: on a l'habitude en France de prendre pour exemple l'Allemagne et les pays scandinaves, les premiers pour leur "réalisme" économique, les seconds pour la qualité de leur politique sociale. On oublie l'"autre" atout de ces européens du nord: leurs convictions écologiques. Ces pays ont développés, bien avant nous, des politiques écologiques : peu ou pas de nucléaire, une fiscalité écologique plus importante, des politiques réglementaires plus strictes.

Or, en cette période de crises économiques et écologiques, cette différence se transforme en atouts économiques, en matelas anti-crise. Ainsi, la  politique d'énergies renouvelables en Allemagne a permis de créer 600000 emplois quand nous en avons créé que 100000 dans  ce secteur. Ainsi, les pays scandinaves sortent progressivement de leur dépendance aux hydrocarbures cherchant l'autonomie énergétique, quand nous en sommes encore à plus de 50 milliard de déficit de balance commerciale par an à cause du pétrole.

La "gauche molle", cela peut donc être cela aussi : avoir une politique environnementale de bas niveau, qui fasse illusion la première année de la présidence Hollande, une sorte de Grenelle de l'environnement de gauche, avec les mêmes défauts : laisser les technocrates et les lobby prendre le pouvoir et tuer les réformes innovantes indispensables au nom du réalisme et du pragmatisme.

Hollande, ne t'endort pas, ou plutôt, ne te laisse pas endormir par les sirènes du conformisme politique!

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 16:07

 

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Les primaires socialistes touchent à leur fin. Il est temps d'en faire le bilan. Ces primaires gênent nos élites, la majorité du personnel politique et de nombreux journalistes.

Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter les commentaires qui suintent dans les médias.

"Le premier tour n'a pas permis de dégager un candidat naturel". Le "candidat naturel" rappelle la rhétorique des dictatures : il y a un chef "naturel" comme il y a un "bon petit père des peuples" ou un "guide" qui émerge par magie!

Dans la véritable démocratie, le candidat idéal n'apparaît pas subitement, il est le fruit du débat démocratique où chaque a sa place. Chaque personnalité a son intérêt et sa richesse : le "candidat naturel", c'est pour les républiques bananières, pas pour une vieille et solide démocratie comme la nôtre.

 

"La primaire c'est marchandages, négociations et braderies ". C'est l'argument de la mauvaise foi.  La primaire plaît aux citoyens. Elle leur plaît parce qu'on a cessé de se focaliser sur les petits mots des uns et les chamailleries des autres. On parle enfin de la vraie politique : on s'intéresse à la crise, au chômage, on propose des solutions, on explique aux téléspectateurs la crise. Bref, on parle aux citoyens d'eux-mêmes, on s'intéresse à leurs problèmes, à leurs inquiétudes sur l'avenir.

Et cela dérange : les mesquineries habituelles, les trompe-couillons autour de la sécurité et autres dangers, ne sont plus d'actualités. Finis les fausses inquiétudes qui faisaient oublier aux Français, leur quotidien. Les chiffons rouges de la délinquance et des étrangers sont mis au placard pour parler de la vraie Politique avec un grand P, celle de la vie de la Cité, de notre société partagée: comment allons vivre ensemble, ces cinq prochaines années? Comment lutter contre le chômage? Comment sortir d'une vision pessimisme de notre avenir?

 

Voilà les questions qui intéressent les Français. Nos élites nous voient comme des imbéciles. Serrer des mains sur des marchés, faire des micro-trottoirs, commander des sondages, c'est continuer à ne pas discuter avec les gens. C'est croire que les réponses des Français font une opinion médiocre. C'est, au contraire, la piètre qualité des questions qui leur sont posées qui fabrique le néant de la politique française.

 

Mais le niveau intellectuel des Français n'est pas celui que nos élites imaginent. Niveau d'études en hausse, usages croissant d'internet : les Français développent leur sens critique et maîtrisent l'information. 

La modernité en politique, c'est cesser de penser que l'abstention des dernières décennies, serait le fruit d'une population décervelée. C'est, bien au contraire, la preuve du dépit amoureux de citoyens qui quittent un personnel politique qui n'est pas à la hauteur de ses bons discours. 

 

Revenons à la primaire socialiste. Après le premier tour, on a entendu certains candidats et certains journalistes parler de ralliement et de consignes de vote. C'est une logique imbécile qui date du XXéme siècle. Le citoyen de notre siècle n'a que faire de l'opinion de celui auquel il a donné son bulletin au premier tour. Il ne le suit pas comme un mouton. Il a son propre libre arbitre. Il ne se détermine plus sur la couleur de cravate et la faconde d'un candidat. Il regarde son programme et ses idées. Est-il réaliste? Correspond-t-il  aux valeurs que je partage?

La victoire des primaires est d'abord celle-là: enfin, on a parlé de politique. On est sorti du marais glauque des bruits de palais, des rumeurs et des cachotteries.

Maintenant que la primaire se termine, le personnel politique, les futurs candidats et les journalistes devront s'en souvenir : les Français attendent des hommes et femmes politiques de la grande Politique, ils ne veulent plus des petits secrets et des bons mots. Alors, donnons leur un bon conseil : Il faut virer les communicants et leurs cachets mirobolants et venir débattre du monde de demain avec les citoyens.

 

 

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