Proposer une autre fiscalité environnementale que la taxe carbone

Les principaux détracteurs des énergies renouvelables ont un argument fort qui semble imparable. Ces énergies dépendent du climat, les productions éoliennes et solaires ne sont donc pas continues.
Ainsi, le nombre d'heures d'ensoleillement varie de 1700 à 2700 par an en France, sur un total d'un peu plus de 8000 heures 3. Pour le vent, la disponibilité varie : si certains 1parlent de 2000 heures mobilisables dans les régions ventées, on sait aussi 2 que le nombre de jours où le vent est supérieur à 60km/h varie de 20 à 160 jours par an.
Les besoins électriques sont constants avec des pointes (l'hiver, le soir) qui ne correspondent pas aux points de production. Or, l'électricité doit être utilisée immédiatement puisqu'elle ne se stocke pas.
Arrêtons-là le raisonnement, car, c'est, en effet, dans cette dernière phrase que se situe la faille du raisonnement des anti-énergies renouvelables (anti qui ne se présentent jamais comme cela, mais plutôt sous la forme de "c'est bien sympathique mais peu réalistes".)
En effet, nous pouvons stocker l'électricité et cela de trois façons différentes:
-1-Le pompage turbinage: deux réservoirs de stockage d'eau, avec un fort dénivelé entre les deux, une turbine qui fait office de pompe pour monter l'eau dans le réservoir supérieur dans les périodes de trop-plein de production électrique. Cette turbine alimentant un alternateur dans les moments où les besoins électriques excèdent l'offre. La multiplication de ce système dans des configurations et dans des tailles variés, offre aussi la possibilité de réguler le système de distribution électrique.
Actuellement, nous avons un système très centralisé de production avec une faible régulation. A l'avenir, nous aurons des réseaux de distribution très décentralisés, récupérant l'énergie électrique excédentaire dans certaines zones pour en alimenter d'autres déficitaires. Dans ces nouveaux réseaux, les systèmes de pompage turbinage seront une pièce maîtresse dans la régulation de l'offre électrique.
Ces systèmes auront des formes différentes : il pourra s'agir de relier un réservoir annexe à un lac ou à un étang, mais aussi à un canal. Il pourra aussi s'agir d'un réservoir situé au-dessus du niveau de la mer. Mais à une autre échelle, on peut imaginer d'utiliser les bassins de rétention d'eau, de les relier entre eux, ou d'en créer de nouveaux pour permettre la mise en place de nouveaux systèmes de pompage-turbinage. On peut envisager des turbines de grande taille, comparable à celle d'un barrage hydroélectrique, ou de petites turbines utilisés par des particuliers.
-2-La multiplication des véhicules fonctionnant avec des moteurs électriques alimentés par batterie va permettre la multiplication des possibilités de stockage. Dès qu'un véhicule va être en position de recharge, par exemple la nuit, les réseaux vont optimiser la recharge en fonction des besoins. Par exemple, la recharge ne se fera pas en début de nuit, quand la consommation électrique domestique est à son maximum mais plutôt entre minuit et six heures du matin. Ponctuellement, cette énergie chargée en batterie pourra être "rendu" si nécessaire.
-3-Troisième possibilité de stockage: l'utilisation des piles à combustibles et des réservoirs de stockage. On sait que l'hydrogène pose des difficultés de stockage, c'est d'ailleurs le principal frein au développement des voitures fonctionnant à l'hydrogène. Par contre, un réservoir à hydrogène enterré et correctement protégé est fiable. Dès lors, on peut imaginer ces réservoirs reliés à une pile à combustible. En période de production électrique excédentaire, l'électricité est converti en hydrogène. En période de déficit électrique, l'hydrogène alimente la pile à combustible qui la transforme en courant.
On le voit, les problèmes techniques posés par les énergies renouvelables sont faciles à résoudre. Dès lors, ces nouveaux moyens de stockage sont aussi des moyens supplémentaires de productions qui doivent être eux aussi développés grâce aux contributions incitatives.